Archives de Tag: héritage

Le Masque gris

Masque grisRoman de Patricia Wentworth (1928)

Grey Mask

En résumé : Après quatre ans d’absence, Charles Moray décide de retrouver sa demeure familiale. Mais à son retour, il y découvre une réunion secrète entre personnes masquées, parmi lesquelles il reconnaît Margaret Langton, l’amour qu’il a quittée.

Mon avis : Patricia Wentworth est la contemporaine d’Agatha Christie, et a de toute évidence pâti de ces circonstances. On se souvient bien moins de son héroïne Maud Silver que d’Hercule Poirot ou de Miss Marple. Elle eut pourtant, à l’époque, sa part de succès dans le style armchair detective, catégorie typiquement britannique du roman policier. Dans ce roman, nombre de personnages et d’intrigues se croisent et s’entrecroisent, quitte à parfois perdre un tantinet le lecteur. Il y a d’abord l’intrigue principale, dans laquelle le héros Charles Moray tente de découvrir l’identité du Masque Gris, chef d’un réseau dans lequel est embrigadée la douce Margaret Langton, sa fiancée qu’il a quittée quatre ans auparavant. Puis vient la sous-intrigue qui est en fait le noir dessein de cette bande masquée : on cherche à supprimer la jeune Margot Standing, 18 ans à peine, dont le père vient de disparaître en mer en lui laissant une fortune conséquente qui attise la convoitise de son cousin Egbert, entre autres. Charles bénéficie de l’aide de son ami Archie Millar, qui lui conseille d’avoir recours aux bons soins de Maud Silver, ancienne gouvernante recyclée en détective privé.

Même si ce roman est le premier volume d’une série qui mettra en scène les enquêtes de la vieille fille férue de tricot et de ragots, ce qui étonne est justement l’absence de celle-ci. Elle apparaît aux moments opportuns pour délivrer un indice tombé d’on ne sait où, ou avouer qu’elle a dénoué des situations épineuses on ne sait trop comment. Le personnage est à peine ébauché, et son intervention manque cruellement de crédibilité et de cohérence.

Le reste du roman reste agréable à lire, même s’il tombe facilement dans la mièvrerie toute en retenue (British style oblige!). On sourira toutefois à l’esquisse du personnage de la jeune Margot, pintade victorienne dont la naïveté n’a d’égale que son caractère capricieux ; ou de celui d’Egbert, dilettante infatué qui tend à faire penser que l’intelligence n’est pas la qualité première des Standing. Mais si l’on considère l’ensemble, on comprend très bien pour quoi l’histoire de la littérature a retenu les enquêtes finement ciselées de Dame Agatha plutôt que les péripéties rocambolesques de Miss Wentworth.

Publicités

1 commentaire

Classé dans Grande-Bretagne, Romans