Archives de Tag: France

Le Fossé

FosséRoman d’Hervé Jaouen (1995)

Résumé : Un homme fait tout pour retrouver sa fille de 13 ans, disparue pendant un week-end chez sa grand-mère.

Mon avis : Sur une trame classique d’un homme qui cherche à faire justice soi-même, que l’on a beaucoup vue au cinéma notamment, Hervé Jaouen signe un roman haletant et sans fioritures. Le suspense y est mené tambour battant, plongeant le lecteur dans cette quête désespérée qui amène Xavier Langlois, le protagoniste, à quitter son paradis des quartiers bourgeois pour traverser le « Fossé », cette ligne périphérique qui le sépare des bas-fonds de la ville. L’auteur décrit admirablement l’angoisse d’un père prêt à tout pour retrouver sa fille, mais ne s’arrête pas là. Il met le doigt sur un problème majeur de notre société : la cohabitation des classes sociales. Bien que d’un milieu aisé, M. Langlois met un point d’honneur à accepter et à respecter les gens d’un milieu plus populaire, refusant de stigmatiser une population qui n’a pas eu les mêmes chances que lui dans la vie. Cependant, quand il apprend que sa fille, qu’il estime avoir éduqué de façon convenable dans une aisance financière, passe en secret ses week-ends avec des fréquentations douteuses, le vernis de la tolérance absolue se craquèle peu à peu, et la terreur et l’angoisse qu’inspirent ces gens des bas-fonds font surface ; et le bourgeois bien sous tous rapports devient au fil des pages un justicier assoiffé de vengeance. Peut-on vraiment protéger ses enfants de tous les dangers ? Est-il préférable de les couper d’une certaine réalité sociale ? Connaît-on vraiment ses enfants, surtout quand ils deviennent ados, et qu’entre eux et leurs parents se crée aussi un fossé ? Voici quelques-unes des questions que l’écrivain breton a l’intelligence de poser sans forcément y apporter de réponses péremptoires. Sous ses aspects de thriller à l’américaine, Jaouen signe un roman juste et sombre sur la paternité.

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Classé dans France, Romans

L’Homme que l’on prenait pour un autre

Homme que l'on prenait pour un autreRoman de Joël Egloff (2008)

En résumé : Un homme est régulièrement pris pour quelqu’un d’autre par des passants. N’osant pas les contrarier, il décide de leur donner raison.

Mon avis : Nous avons tous connu cette situation où une personne nous accoste en nous confondant avec quelqu’un qu’elle connaît. Personnellement, il fut une époque où, en recoupant les malentendus, j’ai compris que j’avais un sosie à Angers. Et l’idée m’est effectivement venue de me faire passer pour ce type, au risque de me faire griller au bout de deux minutes de discussion. Mais ma raison (et mon ego amoureux de moi-même) m’a tout de suite amené à rectifier le quiproquo. Peut-être n’aurais-je pas dû…

Dans le roman de Joël Egloff, le protagoniste, sans nom (forcément !), a un physique si banal qu’on le prend régulièrement pour quelqu’un d’autre, mais toujours une personne différente selon son interlocuteur. Ayant peur de brusquer les gens, il décide d’endosser le rôle qu’on lui attribue, et par là vivre des situations rocambolesques. Ainsi devient-il, tour à tour, le souffre-douleur d’une bande de voyous, l’ex-compagnon de cellule d’un malfrat, le mari de sa voisine du dessous, un présentateur de météo célèbre ou encore le fils d’un homme mourant à l’hôpital. L’auteur interroge par ce truchement notre rapport à l’autre, et les repères que nous nous forgeons dans cet univers. L’écrivain en profite pour mettre en évidence l’ennui qui ronge le couple, la solitude et la détresse liées au vieillissement, toujours sur une note ironique et absurde.

Mais autant chaque saynète est plaisante à lire, et maintient le lecteur dans une attente efficace (Mais jusqu’où va-t-il aller ?), autant le roman, dans son ensemble, manque d’une intrigue qui relie le tout. Car les inconnus qui surgissent dans la vie de notre anti-héros disparaissent aussi rapidement et facilement qu’ils sont apparus, comme la mémoire de ce facteur qui semble oublier à chaque fois à qui s’adresser et à qui adresser ses lettres. Mais il faut avouer que l’envie est tentante de jouer le jeu, et devenir un autre, juste comme ça, pour essayer… Chiche ?

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Les Douceurs provinciales

Douceurs provincialesRoman de Charles Exbrayat (1963)

En résumé : Guillaume Norrey, agent secret spécialisé dans la chimie, doit prendre ses fonctions à Poitiers, auprès d’un grand professeur sur le point de faire une découverte révolutionnaire. Mais peut-être aurait-il fallu se remettre d’une histoire d’amour passagère, survenue deux ans plus tôt…

Mon avis : En Angleterre, ils ont Ian Fleming (créateur de James Bond), John Le Carré ou encore Graham Greene. Autant dire qu’ils s’y connaissent en roman d’espionnage. En France, il semblerait qu’on ait du mal à atteindre le même niveau. Imaginez juste Sean Connery en smoking, coincé devant un bœuf bourguignon dans un film de Claude Chabrol, sur fond de vieille pendule, et vous comprendrez de quoi je veux parler. Loin du spectaculaire d’Outre-Manche, Exbrayat décide d’ancrer son histoire dans une réalité quotidienne, ce qui est tout à son honneur. Mais le réalisme doit-il s’apparenter à de l’ennui… pas forcément ! On sent que l’auteur n’a pas grand chose sous le coude, si ce n’est la situation ironique du départ (En gros, il vient travailler sans le savoir pour le mari de son ancienne maîtresse. Je ne vous gâche pas particulièrement le suspense, ça arrive à la page 38 !). Et le roman s’éternise en « Ah qu’est-ce qu’on était bien avec Madeleine ! Mais pourquoi ne m’aime-t-elle plus ? Ou peut-être m’aime-t-elle encore ? blablabla » et « Je parie que le traître est l’assistant anglais… ou peut-être le Serbe… ou peut-être le gendre… ou peut-être le professeur lui-même… blablabla ».

Charles Exbrayat n’ayant pas une plume extraordinaire, il aurait gagné à n’être que scénariste, ce genre d’intrigue pouvant être sauvé avec une bonne mise en scène, des acteurs doués et une dose d’humour. Mais ici ne reste que l’ébauche d’une histoire d’espionnage sans énormément d’intérêt, si ce n’est ajouter un cliché de plus à l’image pépère de la littérature française.

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La Mécanique du cœur

Mécanique du coeurRoman de Mathias Malzieu (2007)

En résumé : À Édimbourg en 1874, Jack naît avec un cœur gelé, que le Docteur Madeleine remplace immédiatement par une horloge. L’enfant peut ainsi vivre, mais il devra éviter les émotions fortes…

Mon avis : Dans un pays on l’on aime bien mettre (et conserver) les artistes dans les cases, il était impensable que Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos, s’essaie à la littérature, lui chantre de la pop/rock alternative. Et à part Boris Vian (de mémoire), peu de personnes ont su embrasser les carrières de musiciens et d’écrivains avec autant de succès dans les deux. Pourtant, ce petit roman fit un buzz incroyable à sa sortie, l’univers que créa le nouvel écrivain étant très vite rapproché de celui de Tim Burton. Effectivement, il y a du Burton dans le début du roman (paysage enneigé, mécanique et humain mélangés, innocence du protagoniste, seconds rôles loufoques…), et ce sont de belles promesses qui enchantent le lecteur. Mais l’auteur veut créer un mythe, une histoire d’amour qui fera référence, comme Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, Stone et Charden, et bien d’autres… Malheureusement, Malzieu semble avoir des difficultés à trouver une unité de ton (grands élans romantiques entrecoupés de « Putain! ») entre la grandeur classique et le roman moderne. De plus, après un début aux frontières de l’onirique, l’histoire s’installe, après quelques pages, dans une banalité ennuyeuse, la jeune fille faisant l’objet de l’attention du jeune Jack n’étant pas à la hauteur du travail descriptif auquel le protagoniste a eu droit.

Comme toute grande histoire amoureuse mythique, elle doit forcément mal se finir (ben oui, faut pas se leurrer !), et l’auteur a bien appris la leçon. Mais le roman se termine avec une sensation de bâclé, de manque d’inspiration, et gâche un peu le plaisir de cette lecture, qui reste dans l’ensemble distrayante.

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La Petite Marchande de prose

Petite Marchande de proseRoman de Daniel Pennac (1989)

En résumé : Alors que sa sœur était sur le point de se marier, Benjamin Malaussène accepte une étrange proposition de sa directrice d’édition.

Mon avis : On oublie vite. Pas uniquement où on a rangé ses clés, ni ce qu’on a mangé la semaine dernière, mais on oublie vite certaines choses importantes, comme la magie qui entourait ce qu’on ne pouvait expliquer quand on était petit, ou les raisons pour lesquelles on a fait certains choix dans la vie. Moi j’avais oublié le plaisir que me procure un roman de Daniel Pennac. Comme beaucoup de ceux de ma génération (années 80), j’ai découvert cet auteur au collège, et même si je ne pigeais pas forcément toutes les subtilités de son écriture, je me rappelle vaguement m’être beaucoup amusé à la lecture de La fée carabine. Bien des années plus tard (à savoir récemment), j’ai décidé de retrouver Benjamin Malaussène et sa tribu de doux dingues dans un élan de nostalgie, ma petite brioche Pitch à moi (y a pas de raison que Proust ait le monopole de la pâtisserie à remonter dans le temps !).

Donc après avoir relu les deux premiers tomes de la saga Malaussène (Au bonheur des ogres et La fée carabine), et noté au passage mon amnésie inquiétante quant à leur contenu, j’ai découvert La Petite Marchande de prose, pour l’instant le meilleur épisode à mon avis. Pennac joue avec nos émotions comme c’est pas permis, nous plongeant dans une émotion intense entre deux fous rires, le tout en maintenant un suspense à nous bouffer les ongles jusqu’aux moignons ! De plus, je défie quiconque de ne pas succomber au charme des ses personnages, et en premier lieu Malaussène lui-même, un homme amoureux, tout simplement. De sa famille, de sa Julie, de la vie et des personnes. Un mec tellement normal qu’il en devient extraordinaire. Et puis il y a sa troupe de frères et sœurs, aussi barrée qu’adorable. Et puis il y a ses amis, de grands cœurs tendres cachés sous des carapaces forgées aux dures lois de Belleville. Et puis il y a tous les autres. Car Pennac a cela d’épatant qu’il ne laisse jamais un personnage sur la touche ; chaque figure devient le protagoniste de son propre monde.

Et comment évoquer cet écrivain sans mentionner le style Pennac, comme si Amélie Poulain rejoignait les Tontons flingueurs pour jouer avec la langue française comme d’autres maîtrisent les touches d’un piano survolté. On rit, on tremble, on a parfois une larmichette, mais avant tout on savoure, on jubile, on kiffe ! Alors à ceux qui veulent retrouver la saveur d’une bonne brioche Pitch de l’époque, et à tout ceux qui n’en ont jamais mangée, plongez-vous dans un Pennac. Et vous vous souviendrez pourquoi vous aimez lire.

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Vert-de-gris

Vert-de-grisRoman de Viviane Moore (1999)

En résumé : En 1154, lors de la grande foire de Provins, le chevalier Galeran de Lesneven enquête sur des meurtres mystérieux.

Mon avis : S’il y a bien une période de l’Histoire qui m’ennuie plus que tout, c’est bien le Moyen-Âge. 1000 ans de seigneurs chevaliers qui se battent pour des territoires, pendant que leurs crassous de sujets illétrés passent leur temps à chasser ou à aller compter fleurette dans les bottes de foin! Disons que la classe s’est égarée entre l’Antiquité et la Renaissance… Pourtant, je ne reste pas réfractaire à toute œuvre évoquant ces temps sombres, ce serait me priver de chefs d’œuvre comme Le Nom de la rose ou Braveheart, pour n’en citer que deux.

Et ma curiosité ne m’a pas joué de vilain tour en posant ma main sur ce livre perdu sur les étagères de ma douce. Ne nous méprenons pas : ce roman n’est pas un indispensable de la littérature française (et oui, française! malgré le patronyme de son auteure), mais il n’en aucunement la prétention. Un protagoniste malin et courageux (forcément, il est Breton!), des seconds rôles dépeints avec charme, une intrigue bien ficelée, une pincée d’humour et un zeste de folklore médiéval, et vous avez la recette d’un polar à la sauce troubadour plutôt réussi, si on estime que la première qualité d’un roman policier est d’empêcher le lecteur de poser son livre. M’est avis que je recroiserai un jour le chemin des couleurs de cette série de Viviane Moore, le hasard ayant voulu que je commence par le dernier…

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Ça m’agace !

Ca m'agacePensées de Jean-Louis Fournier (2012)

En résumé : Jean-Louis Fournier, par petits chapitres, nous offre un catalogue des choses qui lui triturent les nerfs, qui le mettent en rogne, qui lui donnent envie de mettre des baffes… bref, qui l’agacent !

Mon avis : Quand on offre un livre, il y a souvent deux raisons pour lesquelles on le fait. 1) On veut faire partager un livre qu’on a soi-même apprécié, et on veut le faire découvrir à quelqu’un d’autre. 2) Le livre en soi (titre, couverture, sujet) nous fait penser à la personne. Apparemment, c’est la raison n°2 qui a poussé la tante de ma douce à m’offrir ce petit pamphlet à Noël, l’expression du titre revenant, d’après elle, avec une récurrence certaine dans ma bouche. Soit, comment passer pour le râleur de service entre l’apéritif et la dinde aux marrons. Mais c’était oublier que ladite tante a l’œil (et l’oreille) plutôt juste. C’est donc avec un certain enthousiasme de rabat-joie que je m’attaquai à ce petit volume, certain d’y trouver une âme-sœur dans l’art d’égratigner les bienséances.

Si je me suis tout de suite retrouvé dans les sujets abordés, j’ai vite compris que ce petit livre n’avait quand même rien de subversif. Finalement, qui n’est pas un chouïa énervé par les moustiques, les musiciens de métro ou la déclaration d’impôt ? Mais au lieu de jouer uniquement la carte attendue de l’humour ironique (et pourtant, j’ai ri plus d’une fois!), l’auteur distille ça et là des notes poétiques et une imagination absurde. Et derrière ce portrait de râleur qui se dessine sous nos yeux, on découvre un homme qui voudrait simplement être heureux (comme William Sheller!).

Je ne résiste pas à partager un chapitre qui m’a particulièrement plu :

Pourquoi, à la télévision, les images du bonheur, ce sont des gens qui ont gagné, ou qui vont gagner, beaucoup d’argent? Un footballeur qui vient de marquer un but, une miss France qui vient d’être élue, ou des gens qui viennent de gagner à un jeu télévisé? Ils poussent des cris, ils hurlent de joie, ils trépignent, ils dansent, ils pleurent, ils s’embrassent, ils se roulent par terre, ils étreignent l’animateur. N’y aurait-il pas sur Terre d’autres raisons d’être heureux? D’autres images du bonheur? Pourquoi vous ne montrez pas des gens heureux à cause de rien? Heureux simplement d’être là et de vivre? Heureux chaque matin parce que le jour se lève. Heureux parce que c’est le printemps, qu’il y a des bourgeons dans les arbres. Heureux parce que c’est l’été, qu’il fait chaud, que l’eau de la source est fraîche. Heureux parce que c’est l’automne, que les forêts ont la couleur du feu. Heureux parce que c’est l’hiver, qu’il fait froid dehors et chaud à l’intérieur. Heureux parce qu’ils lisent un beau livre, heureux parce qu’ils adorent le bruit du vent, heureux parce qu’ils parlent et qu’ils écoutent les autres. Heureux parce qu’ils entendent de la musique, heureux parce qu’ils ont fait un beau dessin ou réussi un bon plat, heureux parce que leur parquet brille et leur voiture aussi, heureux parce que leur enfant a eu une bonne note à sa rédaction. Heureux parce qu’ils ont écrit une belle phrase. Heureux parce que la douleur s’éloigne. On dit « bêtement heureux ». C’est pas si bête d’être heureux.

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Classé dans Essais, France

Le Trio infernal

Roman de FTrio infernalrançois Bernas (2005)

En résumé : Quelques semaines avant Noël, une femme se fait écraser dans une rue de Brest. Accident ou préméditation? Au commissaire Leblond de répondre à cette question.

Mon avis : Il y a des livres qu’on choisit sur leur réputation (c’est un classique!), sur le conseil d’un proche, à cause d’une promotion bien huilée, parce qu’on a rencontré son titre sur des blogs ou tout simplement parce que la couverture est alléchante. Et puis il y a ceux qu’on achète à cause des circonstances.

Dimanche matin, je suis au marché avec ma belle, et au détour d’une allée, entre nos légumes bio et nos crêpes fraîches, apparaît un monsieur seul à une petite table présentant quelques livres. Mon œil de lecteur ne pouvant résister à tout ce qui est composé d’une couverture et de quelques pages s’approche peu à peu, entrant dans le cercle fatidique qui me fait basculer du passant lambda au client potentiel. Le monsieur est souriant et avenant, et il fait un froid de canard. Comme approche, je ne trouve pas mieux que de lui demander si le titre de son roman est une référence au film de Francis Girod avec Romy Schneider et Michel Piccoli, et il me répond que non, d’un ton qui laisse penser qu’il a trop entendu cette question. Qu’importe, je suis bloqué : j’ai engagé la conversation, et je ne sais comment mettre un terme à cet échange les mains vides, sans passer pour un goujat. Je repars donc avec un livre en plus et 15€ en moins, ayant la même satisfaction que quand j’achète des patates minuscules et biscornues à un agriculteur du coin : avec une petite impression de m’être fait avoir…

Je devrais parfois me fier un peu plus à mes impressions. Sans être le pire livre que me soit passer dans les mains (après tout, il n’a aucune prétention), ce polar m’a paru comme… immature. Passé le plaisir enfantin de pouvoir situer tous les lieux de l’action (en gros, dans un périmètre de 2 km² en bas de chez moi), nous sautent à la tronche tous les clichés du roman de gare bâclé : commissaire ersatz de Maigret, ambiance nocturne et humide (je vous l’accorde, Brest en décembre ne ressemble pas à Miami!), cliffhanger à chaque fin de paragraphe, dernière phrase en exergue pour signaler un symbole évident… et j’en passe. Les personnages sont mal travaillés, l’intrigue est très sommaire, le style minimal (et pas minimaliste!), la psychologie sommaire et le coupable improbable. En tant que roman policier, ce livre est inutile. En tant que prospectus de l’office du tourisme de Brest, peut mieux faire.

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Classé dans France, Romans

En moins bien

Roman dEn moins bien‘Arnaud Le Guilcher (2009)

En résumé : Le narrateur, trentenaire français vivant en Californie, paumé poétique au bagout désinvolte, épouse la magnifique Emma quelques semaines après leur rencontre. Pour célébrer leur union, il l’invite au camping de Sandpiper, station balnéaire quelque peu… pittoresque. Mais leur voyage de noces ne se passera pas comme il l’espérait… forcément!

Mon avis : Je me demande si j’ai bien choisi le titre de ma première critique pour l’ouverture d’un deuxième blog… Mais bon!

Arnaud Le Guilcher est un auteur français totalement décomplexé face la culture américaine et ses grands écrivains, avec lesquels il a de toute évidence bâti son univers. On peut sentir les ombres de Jack Kerouac ou de Hunter S. Thompson planer sur ce roman qui sent l’océan, la poussière et l’alcool. L’écriture de Le Guilcher est cinématographique, vive et drôle. Il nous décrit parfaitement les rocambolesques situations qui s’enchaînent dont le protagoniste est mi-responsable, mi-victime. Son roman est truffé d’une imagination amusante, tant dans l’intrigue elle-même que dans les détails. Le héros est de ces losers magnifiques dont on aime lire les aventures, comme on en trouve chez Frédéric Beigbeder ou Philippe Jaenada, et dans lesquels on ne peut que se reconnaître au moins un peu.

Je profite de cet article pour y inclure une page de pub personnelle (après tout, je suis ici chez moi, et je fais ce que je veux!). En effet, ce roman m’a été conseillé par une amie qui vient d’ouvrir son café-librairie L’Ivresse des Mots, et je l’en remercie!

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