Archives de Tag: Agatha Christie

La Mort dans les nuages

Mort dans les nuagesRoman d’Agatha Christie (1935)

Death in the Clouds

En résumé : Dans un avion entre Paris et Londres, une femme seule est trouvée morte, sous le nez du détective Hercule Poirot.

Mon avis : Après avoir invité la mort sur un bateau de croisière (Mort sur le Nil) et dans un wagon de train (Le Crime de l’Orient-Express), Agatha Christie réussit l’exploit de placer un meurtre dans un avion, au vu de tous les passagers, et notamment de l’inévitable Hercule Poirot. Il est d’ailleurs étonnant que celui-ci se laisse aller à un profond sommeil, mais notre détective belge ne supporte pas les voyages dans les airs…

Un trajet Paris-Londres étant un peu juste en terme de temps pour accomplir un meurtre, le découvrir et élucider l’affaire, les protagonistes sortent bien vite de leur coucou, et c’est une enquête aux deux côtés de la Manche que l’écrivain nous présente, certains personnages jouant eux-mêmes les détectives amateurs aux côtés de Poirot. Ce schéma qui va et vient entre la France et l’Angleterre donne un dynamisme à ce roman, qui s’apparenterait presque à un roman d’aventures, et qu’on a rarement connu chez Dame Agatha, si ce n’est dans Les Sept Cadrans. Une fois encore, l’auteure profite de son livre pour nous dépeindre une bourgeoisie pétrie de vanité et de suffisance, mais n’évite pas pour autant l’écueil de quelques clichés sur les Français… Comment ça, je fais preuve de mauvaise foi ?

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Les Sept Cadrans

Sept CadransRoman d’Agatha Christie (1929)

The Seven Dials Mystery

En résumé : Suite à une plaisanterie qui tourne mal dans un manoir loué par sir Oswald Coote, la fille du propriétaire, Bundle Caterham, décide de mener l’enquête sur une mort bien curieuse.

Mon avis : En littérature comme en beaucoup de domaines, j’ai mes péchés mignons. Si, en cuisine, vous pouvez me satisfaire avec du caramel au beurre salé ou des graines de sésame, un petit Agatha Christie, de temps en temps, ravive mon plaisir de lecteur à coup sûr. Découverte à l’époque du collège, comme beaucoup d’entre vous, il ne faut pas cantonner la Lady à un écrivain d’enquêtes pour gamins (je ne serais pas aussi clément envers Mary Higgins Clark…). Agatha Christie a un univers bien à elle, peuplée d’aristos coincés du derche qui ne savent tellement plus quoi faire de leur fric qu’ils s’entretuent pour passer le temps. Mais Agatha Christie n’a pas son pareil pour décrire cette classe sociale et leurs travers, sous la couverture bien-pensante de leur position sociale. Bel exemple que ce roman, où de jeunes arrogants décident d’embêter un travailleur honnête (en apparence, comme toujours chez notre romancière)mais un peu austère, quitte à causer son décès par inadvertance (en apparence, là aussi).

En 1929, Agatha Christie a déjà rencontré le succès avec La Mystérieuse Affaire de Styles ou Le Meurtre de Roger Ackroyd, mais n’a pas encore signé d’autres de ses chefs d’œuvre, tels que Dix petits nègres ou Le Crime de l’Orient-Express. On sent un style encore jeune (quelques évidences dans l’intrigue), mais la filoute arrive quand même à nous surprendre à la fin. Ce volume ne ressemble pas à ce qu’on pourrait appeler un roman christien classique, ancêtre des séries formula shows. Ici l’histoire s’apparente à un roman d’espionnage, et alors qu’elle nous a habitués à des huis-clos insoutenables, elle nous balade ici entre la campagne anglaise et les bas-fonds de Londres. La jeune enquêtrice improvisée, Bundle, est un personnage attachant par sa fraîcheur et sa malice, mêlées à une insolence et une opiniâtreté qui font d’elle une rebelle parmi les siens, sorte de Miss Marple adolescente. Christie nous fait le plaisir d’insérer quelques seconds rôles cocasses comme on les aime, et signe un roman haletant et léger, qui donne envie de lire à la lumière d’une lampe torche, caché sous notre couverture.

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